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Le Centre d'Action Laïque a toujours milité en faveur d'une réglementation des drogues, notamment au nom des valeurs essentielles que sont la responsabilité, l'autonomie, la liberté et le respect des personnes.

 

Mais au-delà de ces principes, il est devenu évident que les politiques prohibitives et de répression ont atteint leurs limites. Elles favorisent paradoxalement la croissance de la consommation et la criminalité corrélative qu'elles sont réputées éradiquer.

 

L'expérience du Portugal le montre. Depuis 2001, confronté à une grave crise sanitaire, le gouvernement a pris l'initiative de décriminaliser la consommation et de concentrer les moyens financiers dans des dispositifs de santé.

 

Effets positifs


Le résultat est sans appel : la consommation de certains types de drogue a diminué de moitié, les surdoses mortelles et la prévalence du VIH ont baissé drastiquement. On constate aussi un désengorgement des prisons et des tribunaux ainsi qu'une réduction du nombre des infractions commises sous l'emprise de stupéfiants.

 

D'innombrables études démontrent que la criminalisation n'est plus une option. Sur la base d'une analyse de celles-ci, la revue scientifique The Lancet soulignait en 2016 le paradoxe d'une prohibition dont les effets réputés positifs pour la santé et la sécurité s'avèrent en réalité contribuer directement à la violence, la transmission de maladies infectieuses, la discrimination et la ruine des objectifs de santé publique.

 

En Belgique comme ailleurs, les économistes, criminologues, professionnels de la santé et acteurs de terrain comme la Fedito ont élaboré des propositions alternatives pour le cannabis. Je songe entre autres aux travaux récents de Tom Decorte (UGent), Paul De Grauwe (London School of Economics) et Jan Tytgat (KULeuven).

 

Dans son rapport 2018 "Régulation, pour un contrôle responsable des drogues", la prestigieuse Commission globale de politique en matière de drogues, composée de douze anciens chefs d'Etat, d'un ancien Secrétaire général des Nations Unies et d'experts reconnus, conclut: "Nous sommes persuadés que la seule réponse responsable aux problèmes que posent les drogues aux individus et aux sociétés est de réguler leur marché, d'édicter des règles modulées selon leur dangerosité et d'en imposer le respect".

 

Changer de paradigme


C'est le choix politique posé par l'Uruguay, le Colorado et, tout récemment, le Canada qui, plutôt que de punir et de bannir, ont décidé, selon des modalités diverses, de réglementer la production, la vente et l'usage du cannabis.

 

Ce n'est pas le cas de la Belgique. Si depuis une dizaine d'années, la détention d'une petite quantité de cannabis pour consommation personnelle ne constituait plus une priorité de la politique criminelle, l'accord de gouvernement de 2014 pour un retour à la tolérance zéro s'est matérialisé par un arrêté royal en 2017.

 

Le Centre d'Action Laïque propose de changer de paradigme et lance une campagne "Cannabis, réglementons!".

 

Pour une réglementation ciblée


L'objectif vise l'adoption d'une législation spécifique sur la culture, la fabrication, la transformation, la vente, la distribution et les modalités de consommation du cannabis. Nous suggérons une proposition de loi en ce sens.

 

Il ne s'agit pas bien sûr de présenter le cannabis comme un produit anodin ou inoffensif. Mais de proposer une réglementation qui n'induise ni la promotion, ni l'usage.

 

Une réglementation qui permette de sortir du flou qui conduit aux sanctions contre-productives et arbitraires.

 

Une réglementation qui assure une protection aux consommateurs, garantit un contrôle des produits ainsi que l'accès aux conseils en matière de réduction des risques.

 

Une réglementation qui favorise une approche préventive envers les plus jeunes, sans tabou, par un dialogue libéré de l'interdit.

 

Une telle réglementation, nous l'avons vu, aboutit, expérience faite, à la diminution du nombre de personnes détenues, à la libération de moyens policiers et judiciaires pour d'autres tâches et permet un cadre légal pour la perception de taxes et accises. Autant de moyens financiers pour la prévention et la réduction des risques qui privent les trafiquants de leur actuel monopole de fait.

 

Puisse notre initiative contribuer à relancer un débat au sein de la société civile avec le concours des spécialistes et des responsables politiques dont certains ont déjà déposé des propositions de loi en ce sens. Un débat serein et éclairé pour une législation progressiste soucieuse de santé publique et de sécurité.

 

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Plus d'infos sur la campagne