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Quand, il y a soixante ans, fut signé le Traité de Rome qui institua la Communauté économique européenne, issue de l'idée de deux personnages sulfureux, Robert Schuman, ancien ministre du premier gouvernement du maréchal Pétain en 1949 et Jean Monnet, homme d'affaires travaillant pour les services secrets US et ce qu'on n'appelait pas encore les entreprises multinationales, on était convaincu d'associer solidement les pays d'Europe occidentale avec l'Allemagne de l'Ouest dans le maintien et l'épanouissement d'un régime de liberté et d'égalité permettant un épanouissement économique, social et individuel jamais égalé dans l'histoire.

 

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Jean Monnat et Robert Schuman, les "pères fondateurs" de l'Union européenne étaient des personnages sulfureux.

 

Si malgré plusieurs crises, on a pu maintenir cette illusion, et si, effectivement la construction européenne fut un facteur de prospérité et d'ouverture, il ne faut pas oublier que cela a été l'œuvre des luttes syndicales pour les droits sociaux et des efforts de la social-démocratie pour un partage des ressources le plus équitable possible.

 

Tout a relativement bien fonctionné jusqu'à la chute du Mur de Berlin en 1989. La réunification allemande a coûté très cher à la CEE. Le Traité de Maastricht de 1992 a, sous la pression de l'Allemagne redevenue la principale puissance de l'Europe continentale, amené l'Euro, système monétaire convenant parfaitement à l'économie exportatrice germanique avec en outre l'ordolibéralisme qui dicte désormais ses règles à tous les Etats membres de l'Union européenne. Tout cela s'est fait sans que l'on ne s'inquiète trop des règles démocratiques.

 

Les traités qui ont suivi ont quelque peu rectifié cette lacune. Tout d'abord, le Traité de Nice disposa dans son préambule que la peine de mort était interdite à tout Etat membre. Ensuite, fut adoptée une Charte des droits fondamentaux qui reprend grossomodo la Convention européenne des droits de l'homme du Conseil de l'Europe, mais dont on peut douter de sa force de loi. Ainsi, elle figure en annexe du dernier Traité européen, le TFUE, et non dans ses dispositions majeures.

 

En conséquence, les Droits de l'homme et les règles fondamentales de la démocratie sont loin d'être la priorité dans le processus de décision au sein de l'Union européenne.

 

Prenons un premier exemple. En 2000, l'Autriche fut pour la première fois depuis la Seconde guerre mondiale, gouvernée par une coalition où figurait une formation d'extrême-droite, le FPÖ. Les réactions furent très virulentes, particulièrement de la part du ministre belge des Affaires étrangères, Louis Michel, père de l'actuel Premier ministre Charles Michel.

 

En Italie, il y eut également une éphémère alliance entre Berlusconi et l'Alliance nationale, héritière du parti fasciste MSI. Plusieurs dirigeants européens s'en indignèrent dont le ministre socialiste belge d'origine italienne, Elio Di Rupo.

 

Puis, on passa à autre chose. Le train train quotidien reprit. Et puis, en 2014, en Belgique, se constitue un gouvernement de droite allié à l'extrême-droite flamande de la NV-A qui en est la principale formation. À l'exception du PS rejeté dans l'opposition et de quelques formations de gauche, personne ne s'en émeut.

 

Un des membres de cette formation, Théo Francken, connu pour ses sympathies néo-nazies est nommé secrétaire d'Etat à l'immigration...

 

A la veille de sa nomination, Francken fêtait les 90 ans de l'ancien SS flamand fondateur de la milice néonazie VMO « Vlaams Militante Orde » dont les dirigeants ont été sévèrement condamnés suite aux émeutes dans les Fourons et aux agressions racistes un peu partout en Flandre.

 

 

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Théo Francken, la veille de sa nomination au gouvernement Michel, fêtait le 90e anniversaire de Bob Maes SS flamand et fondateur du VMO de sinistre mémoire.

 

Son action au gouvernement ne fit que traduire son idéologie pendant trois ans. Il fit tout pour interdire aux migrants de s'installer légalement en Belgique à tel point qu'il faisait prendre contact par son administration des pays d'origine des réfugiés pour traiter les dossiers d'expulsion... Ce fut dernièrement le cas de réfugiés soudanais. Des policiers soudanais furent autorisés à interroger les candidats réfugiés. Par après, certain d'entre eux furent rapatriés et on apprit qu'ils furent torturés à Khartoum.

 

Cette fois-ci, c'en est trop !

 

Francken dut s'expliquer au Parlement... Cela, sans conséquences. Le Premier ministre Michel refusait de le lâcher. Le président de la NV-A, principal parti du gouvernement, le soutenait. Aussi, malgré les pressions venant d'un peu partout, même de la majorité, le Secrétaire d'Etat reste bien accroché à son poste.

 

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Charles Michel et Théo Francken ont beau se toiser. Il y a peu de chances que ce dernier démissionne à moins que le gouvernement ne tombe.

 

En réalité, il ne démissionnera que si Bart De Wever, le président de la NV-A, le lâche. Et il ne le fera pas, car une démission de Francken apporterait des milliers de voix au Vlaams Belang, un parti carrément néonazi encore plus extrémiste que la NV-A.

 

En outre, nous ne nous rendons pas compte de l'aspect le plus inquiétant : que ce soit en Flandre, à Bruxelles, ou en Wallonie, Francken est très populaire. Cela signifie que malgré ce que racontent les médias, une majorité de la population est opposée aux migrants et est prête à suivre les plus extrémistes en ce sens. Il y a même des comités de soutien francophones pour ce personnage et sa politique !

 

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Ce 27 décembre, une femme brandit un paneau de soutien à Théo Francken avec les couleurs de la Belgique, alors qu'il est un séparatiste flamand ! Le racisme engendre de ces contradictions...

 

Le véritable danger raciste est là et c'est le plus difficile à combattre.

 

Voilà ce qu'un militant de gauche publie sur les réseaux sociaux :

 

« Que Francken soit une crapule, cela fait longtemps qu'on le sait. Que la NVA poursuive son but de démantèlement de la Belgique n'étonne plus personne depuis longtemps. Mais cela commence à bien faire. Francken devient un bouc émissaire aussi bien que ceux qu'il montre du doigt. Demander sa démission sans exiger celle du gouvernement tout entier relève de l'absurde. Faible ou non, stupide ou lâche, rien n'y fait. Le responsable n'est pas le lampiste: c'est Charles Michel. Même plus pour de simples raisons idéologiques (encore que) mais pour des raisons d'humanisme et d'éthique, deux termes qui ont tendance à s'évanouir dans le monde politique. »

 

L'Autriche qui se « néonazifie » dans l'indifférence quasi générale et un ministre raciste qui a toute liberté d'opérer en Belgique, voilà de joyeuses perspectives !

 

Que l'année 2018 soit l'année du réveil !

 

Bons vœux à toutes et à tous !

 

Pierre Verhas

 

Bron: http://uranopole.over-blog.com/2017/12/l-union-europeenne-neglige-desormais-ses-principes-fondateurs.html