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À force de crier au populisme...

 

... on finit par le trouver ! Le mouvement des gilets jaunes en France et même en Belgique s'est montré bien plus important que prévu par les autorités.

 

Cette mobilisation, c'était de l'inconnu : nulle structure ne se trouve derrière, ni syndicats, ni partis politiques, ni mouvements. Cela débuta par un appel sur les réseaux sociaux qui s'est répandu comme une trainée de poudre.

 

Durant la semaine, à la lecture de la presse et à l'écoute des débats télévisés codés comme le « C à voir » de France 5, on sentait une crainte. Ces Messieurs dames n'aiment pas l'imprévu. Cela les inquiète. Même le président Macron s'est permis quelques commentaires, comme sa fameuse « autocritique » qui dissimulait mal son inquiétude.

 

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La mobilisation des gilets jaunes déconcerte le pouvoir.

 

Certes, ces gilets jaunes ne sont guère sympathiques. C'est typiquement un mouvement antifiscal qui ne propose rien sinon supprimer une taxe sur le diesel et... pourquoi pas ? supprimer toutes les taxes ! Tout cela a un relent poujadiste et pourrait profiter à l'extrême-droite qui, jusqu'à présent, s'est montrée relativement discrète en l'occurrence.

 

Mais, il y a plus important. Les gilets jaunes, c'est la révolte de la France périphérique. Celle des campagnes et des banlieues éloignées, des laissés pour compte de la « démocratie libérale ». C'est une France qui ne s'exprime pas, la France qui n'a pas accès aux médias et, donc, qu'on oublie. Et cela est très mauvais signe. Depuis les Jacqueries au Moyen-âge, en passant par la Fronde sous Louis XIII, la contre-révolution pétainiste, jusqu'au poujadisme de l'après-guerre et aux « bonnets rouges » bretons sous la présidence de Hollande, ces mouvements incontrôlés par le pouvoir républicain ont généré des courants politiques extrémistes. Si ce mouvement des gilets jaunes s'implante, c'est ce qu'il risque d'arriver. Ce serait alors le triomphe de « l'illibéralisme » d'Orban.

 

Cependant, on ne peut suivre les critiques de ce mouvement de la part de personnages du « système » comme Daniel Cohn Bendit et Raphaël Glucksmann. « La réaction des Gilets jaunes face à la hausse des prix de l'énergie, même si je comprends certains problèmes qu'elle pose, est une erreur de fond, car à ce rythme-là on n'affrontera jamais la dette écologique. Il n'y aura jamais de moment opportun pour s'y attaquer ! » disent-ils en substance. Disons en passant qu'aujourd'hui, on considère le diesel comme bien plus polluant que l'essence, alors qu'il y a une décennie, on prétendait l'inverse !

 

 

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Daniel Cohn Bendit devait ajouter son grain de sel.

 

De plus, ces Messieurs oublient un élément essentiel : les gilets jaunes sont issus des classes moyennes appauvries par la politique néolibérale de blocage des salaires et de « cadeaux » aux riches et aux entreprises.

 

Enfin, leur argument ne tient pas la route. La taxe sur le diesel n'est pas une recette attribuée. En effet, le fruit de cette taxe va directement dans les caisses de l'Etat et non à un compte qui serait consacré à une politique écologique. Alors, la fameuse « empreinte écologique » ainsi conçue n'est qu'un impôt supplémentaire !

 

La réalité est tout autre. La plupart de ces « gilets jaunes » habitent la lointaine banlieue des grandes villes contraints de les quitter avec un prix du logement inabordable. En outre, ils sont obligés pour se rendre à leur travail d'utiliser leur automobile personnelle, le plus souvent une voiture diesel parce que moins chère. On a supprimé bon nombre de lignes de chemin de fer et de points d'arrêt de sorte que les transports publics ne constituent plus une alternative au transport privé. Ils ont subi la précarisation du travail par la loi El Khomri, c'est-à-dire des CDD et des jobs précaires, la plupart d'entre eux travaillent au SMIC, voire moins.

 

La politique ultralibérale de transfert du travail vers le capital, de démantèlement des services publics et l'augmentation constante des impôts et taxes ont pour conséquence de ne plus permettre d'assurer l'essentiel pour le monde du travail et en particulier, pour les classes moyennes à faibles revenus.

 

Et il est vrai, comme l'écrit notre ami de Lyon, Bernard Gensane :

 

« Des gilets jaunes manifestent pour la première fois de leur vie. S'ils s'étaient bougés contre la privatisation de l'université, contre la réforme des retraites, contre la loi El Khomri, contre la privatisation de la SNCF, contre le bradage des aéroports français aux Chinois, contre la privatisation des barrages, contre la sélection à l'entrée de l'université, j'en passe et des pires, nous n'en serions pas là. »

 

Bien sûr, mais n'est-ce pas dû à une gauche divisée dont une partie se trouvait dans la rue et une autre au milieu des lambris du pouvoir ?

 

Le mouvement du 17 novembre a eu une grande ampleur, quoiqu'en disent les médias qui ont tout fait pour le minimiser et les propos de certaines personnalités comme l'ineffable BHL qui a affirmé que « 283.000 gilets jaunes, c'est un échec ! ». Pour un premier essai, c'est un curieux échec ! Il faut également tenir compte des violences qui étaient inévitables avec un mouvement inorganisé et une répression de forces de l'ordre de plus en plus brutale.

 

 

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Un échec pour M. Bernard-Henri Lévy...

 

Tout est donc en place pour un affrontement majeur entre le pouvoir et les classes moyennes. Un gouvernement obstiné dans sa politique, la tentation d'un pouvoir fort face à une révolte qui monte et que personne ne contrôle. C'est la porte ouverte à l'aventure !

 

Il est plus que temps à gauche de se réveiller ! Cela pourrait être une question de survie.

 

P.V.

 

La crucifixion de Julian Assange - Ce qui arrive à
Assange devrait terrifier la presse (Truth Dig)

 

Une trahison de la liberté de la presse

« Ceci n'est pas un exercice. C'est une urgence. La vie de mon fils, le journaliste Julian Assange, est en danger imminent et grave. Je vous remercie tous d'entendre l'appel d'une mère qui vous demande de l'aider à le sauver. »

 

Ainsi s'est exprimée la mère du journaliste et fondateur de Wikileaks Julian Assange dans un appel vidéo pour dénoncer le sort qui lui est réservé et qui peut le conduire à une lente agonie au bout de laquelle, ce sera inéluctablement une mort solitaire dans la souffrance. La vidéo complète de son appel quasi désespéré est accessible ci-dessous dans le corps de l'article.

 

Nous reproduisons ici un article du journaliste Chris Hedges paru sur le site le « Grand Soir » le 13 novembre. Chris Hedges est un journaliste reporter américain. Ancien correspondant de guerre, il est reconnu pour son analyse de la politique américaine ainsi que de celle du Moyen-Orient. Il a publié plusieurs livres, dont le plus connu est « La guerre est une force qui nous octroie du sens » (War Is a Force That Gives Us Meaning) (2002). Il se penche ici sur le sort de Julian Assange et voit dans le traitement inadmissible qu'il subit « une trahison de la liberté de la presse ».

 

On a reproché à Julian Assange d'avoir outrepassé ses droits de journaliste. Hedges, fort de son expérience et de son éthique, affirme qu'il aurait agi comme lui !

 

Rappelons que Julian Assange alors poursuivi par la Justice suédoise pour une sordide histoire de relations sexuelles « non protégées », vivant à Londres à l'époque, s'est réfugié à l'ambassade d'Equateur afin d'échapper aux autorités britanniques qui l'auraient extradé vers la Suède avec le risque que celle-ci ne l'extrade également vers les Etats-Unis où il risquait la peine capitale pour espionnage suite aux révélations sur les crimes de l'armée US en Irak et en Afghanistan.

 

À l'époque, l'Equateur était dirigé par le président Rafaele Corréa qui lui a octroyé la nationalité équatorienne. Cependant, les Britanniques ont refusé qu'Assange sorte de l'ambassade pour se rendre à l'aéroport. Cela fait donc six ans qu'il vit enfermé dans ce petit bâtiment sans pouvoir sortir.

 

Entre temps, les choses ont changé. Corréa a été renversé par le droitier Lenin Moreno. Depuis, la situation de Julian Assange s'est gravement détériorée. Il est enfermé et ne peut communiquer avec l'extérieur. Sa santé s'est considérablement détériorée et il risque même de mourir dans cet exil quasi carcéral !

 

La presse ne s'en émeut guère. Seul, dans le monde francophone, le site alternatif le « Grand Soir » se mobilise. Pourtant, comme l'écrit Chris Hedges : « Le silence sur le traitement d'Assange n'est pas seulement une trahison à son égard, mais une trahison de la liberté de la presse elle-même. Nous paierons cher cette complicité. »
Et il conclut : « Assange est seul. Chaque jour qui passe lui est plus difficile. C'est le but recherché. C'est à nous de protester. Nous sommes son dernier espoir, et le dernier espoir, je le crains, pour une presse libre. »

 

Cet avertissement doit être entendu et vite !

 

Voici.

 

P.V.

 

Le silence sur le traitement d'Assange n'est pas seulement une trahison à son égard, mais une trahison de la liberté de la presse elle-même. Nous paierons cher cette complicité.

 

L'asile de Julian Assange à l'ambassade d'Equateur à Londres s'est transformé en une petite boutique des horreurs. Au cours des sept derniers mois, il a été largement coupé de toute communication avec le monde extérieur. Sa nationalité équatorienne, qui lui a été accordée en tant que demandeur d'asile, est en cours de révocation. Sa santé s'est détériorée. On lui refuse l'accès à soins médicaux appropriés [à l'extérieur de l'ambassade - NdT]. Ses efforts pour obtenir réparation ont été paralysés par les « règles du bâillon » [« gag rules » - Une règle de bâillon est une règle qui limite ou interdit la discussion, la considération ou la discussion d'un sujet particulier par les membres d'un organe législatif ou exécutif. - NdT], y compris les ordres équatoriens lui interdisant de rendre publiques ses conditions de vie à l'intérieur de l'ambassade dans sa lutte contre la révocation de sa citoyenneté équatorienne.

 

 

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L'ambassade de l'Equateur à Londres gardée en permanence par la police britannique se transforme en une geôle pour Julian Assange.

 

Assange : « Un problème hérité »

 

Le Premier ministre australien Scott Morrison a refusé d'intercéder en faveur d'Assange, un citoyen australien, même si le nouveau gouvernement équatorien, dirigé par Lenín Moreno - qui appelle Assange un « problème hérité » et un obstacle à de meilleures relations avec Washington - rend la vie du fondateur de Wikileaks dans cette ambassade insupportable. Presque tous les jours, l'ambassade impose des conditions plus dures à Assange, notamment en lui faisant payer ses frais médicaux, en lui imposant des règles obscures sur la façon dont il doit prendre soin de son chat et en lui demandant d'effectuer diverses tâches ménagères dégradantes.
Les Équatoriens, réticents à expulser Assange après lui avoir accordé l'asile politique et la citoyenneté, ont l'intention de rendre son existence si pénible qu'il accepterait de quitter l'ambassade pour être arrêté par les Britanniques et extradé vers les États-Unis. L'ancien président de l'Equateur, Rafaele Correa, dont le gouvernement a accordé l'asile politique à l'éditeur, qualifie les conditions de vie actuelles d'Assange de "torture".

 

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Rafaele Corréa n'est plus d'aucun secours pour Julian Assange. Lui-même cherche à s'exiler.

 

Sa mère, Christine Assange, a lancé un récent appel vidéo :

 

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Assange était loué et courtisé par certains des plus grands médias du monde, dont le New York Times et le Guardian, pour les informations qu'il possédait. Mais une fois que ses documents sur les crimes de guerre commis par les États-Unis, en grande partie fournis par Chelsea Manning, ont été publiés par ces médias, il fut mis à l'écart et diabolisé. Un document du Pentagone qui a fait l'objet d'une fuite et préparé par la Cyber Counterintelligence Assessments Branch (Direction du contre-espionnage cybernétique) du 8 mars 2008 a révélé une campagne de propagande visant à discréditer Wikileaks et Assange. Le document dit que la campagne de diffamation doit chercher à détruire le « sentiment de confiance » qui est le « centre de gravité » de Wikileaks et à salir la réputation d'Assange. Cela a largement fonctionné. Assange est particulièrement vilipendé pour avoir publié 70 000 courriels piratés appartenant au Comité national démocrate (DNC) et à de hauts responsables démocrates. Les démocrates et l'ancien directeur du FBI, James Comey, affirment que les courriels ont été copiés des comptes de John Podesta, chef de campagne de la candidate démocrate Hillary Clinton, par des pirates du gouvernement russe. Comey a dit que les messages ont probablement été transmis à Wikileaks par un intermédiaire. Assange a dit que les e-mails n'avaient pas été fournis par des « acteurs étatiques ».

 

Le Parti démocrate, qui cherche à imputer sa défaite électorale à l'" ingérence " russe plutôt qu'à la grotesque inégalité des revenus, à la trahison de la classe ouvrière, à la perte des libertés civiles, à la désindustrialisation et au coup d'Etat des entreprises que le parti a aidé à orchestrer, accuse Assange d'être un traître, bien qu'il ne soit pas un citoyen américain. Ni un espion. Et à ma connaissance, aucune loi ne lui interdit de publier les secrets du gouvernement US. Il n'a commis aucun crime. Aujourd'hui, les articles parus dans les journaux qui publiaient autrefois des articles de WikilLeaks mettent l'accent sur son comportement prétendument négligeant - ce qui n'était pas évident lors de mes visites - et sur le fait qu'il est, selon les mots du Guardian, "un invité indésirable" à l'ambassade. La question vitale des droits d'un éditeur et d'une presse libre a cédé la place à la calomnie contre la personne.

 

Assange a obtenu l'asile à l'ambassade en 2012 afin d'éviter l'extradition vers la Suède pour répondre à des questions sur des accusations d'infractions sexuelles qui ont finalement été abandonnées. Assange craignait qu'une fois détenu par les Suédois, il soit extradé vers les États-Unis [un accord d'extradition entre la Suède et les Etats-Unis autorise l'extradition d'une personne comme simple « témoin » - NdT]. Le gouvernement britannique a déclaré que, bien qu'il ne soit plus recherché pour interrogatoire en Suède, Assange sera arrêté et emprisonné s'il quitte l'ambassade pour avoir violé les conditions de sa libération sous caution.

 

Assange sur une « liste de cibles d'une chasse à l'homme »

 

Wikileaks et Assange ont fait plus pour dénoncer les sombres machinations et crimes de l'Empire américain que toute autre organisation de presse. Assange, en plus de dénoncer les atrocités et les crimes commis par l'armée américaine dans nos guerres sans fin et de révéler les rouages internes de la campagne Clinton, a rendu publics les outils de piratage utilisés par la CIA et la NSA, leurs programmes de surveillance et leur ingérence dans les élections étrangères, notamment les élections françaises. Il a révélé le complot contre le chef du Parti travailliste britannique Jeremy Corbyn par des députés travaillistes au Parlement. Et WikiLeaks s'est rapidement mobilisé pour sauver Edward Snowden, qui a exposé la surveillance totale du public américain par le gouvernement, de l'extradition vers les États-Unis en l'aidant à fuir Hong Kong pour Moscou. Les fuites de Snowden ont également révélé, de façon inquiétante, qu'Assange était sur une « liste de cibles d'une chasse à l'homme » américaine.

 

Un précédent juridique dangereux... Nous paierons cher cette complicité !

 

Ce qui arrive à Assange devrait terrifier la presse. Et pourtant, son sort se heurte à l'indifférence et au mépris sarcastique. Une fois expulsé de l'ambassade, il sera jugé aux États-Unis pour ce qu'il a publié. Cela créera un précédent juridique nouveau et dangereux que l'administration Trump et les futures administrations utiliseront contre d'autres éditeurs, y compris ceux qui font partie de la mafia qui tentent de lyncher Assange. Le silence sur le traitement d'Assange n'est pas seulement une trahison à son égard, mais une trahison de la liberté de la presse elle-même. Nous paierons cher cette complicité.

 

Même si ce sont les Russes qui ont fourni les courriels de Podesta à Assange, il a eu raison de les publier. C'est ce que j'aurais fait. Ces courriers ont révélé les pratiques de l'appareil politique Clinton qu'elle et les dirigeants démocrates cherchaient à cacher. Au cours des deux décennies où j'ai travaillé en tant que correspondant à l'étranger, des organisations et des gouvernements m'ont régulièrement divulgué des documents volés. Ma seule préoccupation était de savoir si les documents étaient authentiques ou non. S'ils étaient authentiques, je les publiais. Parmi ceux qui m'en ont transmis, il y avait les rebelles du Front de Libération Nationale Farabundo Marti (FMLN) ; l'armée salvadorienne, qui m'a un jour donné des documents du FMLN ensanglantés trouvés après une embuscade, le gouvernement sandiniste du Nicaragua ; le Mossad, le service de renseignement israélien ; le FBI ; la CIA ; le groupe rebelle du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ; l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) ; le service de renseignement français, la Direction générale de la sécurité extérieure, ou DGSE ; et le gouvernement serbe de Slobodan Milosevic, qui a ensuite été jugé comme un criminel de guerre.

 

« Vous pouvez dire oui, mais dans ce cas vous ne pouvez pas vous qualifier de journaliste ! »

 

Nous avons appris par les courriels publiés par WikiLeaks que la Fondation Clinton a reçu des millions de dollars de l'Arabie saoudite et du Qatar, deux des principaux bailleurs de fonds de l'État islamique. En tant que secrétaire d'État, Hillary Clinton a remboursé ses donateurs en approuvant la vente de 80 milliards de dollars d'armes à l'Arabie saoudite, ce qui a permis au royaume de mener une guerre dévastatrice au Yémen qui a déclenché une crise humanitaire, notamment une grave pénurie alimentaire et une épidémie de choléra, et fait près de 60 000 morts. Nous avons appris que Clinton avait touché 675 000 $ pour une conférence chez Goldman Sachs, une somme si énorme qu'elle ne peut être qualifiée que comme un pot-de-vin. Nous avons appris que Mme Clinton avait dit aux élites financières, lors de ses entretiens lucratifs, qu'elle voulait " l'ouverture du commerce et des frontières " et qu'elle croyait que les dirigeants de Wall Street étaient les mieux placés pour gérer l'économie, une déclaration qui allait directement à l'encontre de ses promesses électorales. Nous avons appris que la campagne Clinton avait pour but d'influencer les primaires républicaines pour s'assurer que Donald Trump était le candidat républicain. Nous avons appris que Mme Clinton avait obtenu à l'avance les questions posées lors du débat pendant les primaires. Nous avons appris, parce que 1 700 des 33 000 courriels provenaient d'Hillary Clinton, qu'elle était l'architecte principale de la guerre en Libye. Nous avons appris qu'elle croyait que le renversement de Moammar Kadhafi lui permettrait d'améliorer ses chances en tant que candidate à la présidence. La guerre qu'elle a voulue a plongé la Libye dans le chaos, vu la montée au pouvoir des djihadistes radicaux dans ce qui est aujourd'hui un État en déliquescence, déclenché un exode massif de migrants vers l'Europe, vu les stocks d'armes libyens saisis par des milices rebelles et des radicaux islamiques dans toute la région, et fait 40 000 morts. Cette information aurait-elle dû rester cachée ? Vous pouvez dire oui, mais dans ce cas vous ne pouvez pas vous qualifier de journaliste.

 

Le dernier espoir pour une presse libre

 

« Ils sont en train de piéger mon fils pour avoir une excuse pour le livrer aux États-Unis, où il fera l'objet d'un simulacre de procès", a averti Christine Assange. "Au cours des huit dernières années, il n'a pas eu accès à un processus juridique approprié. A chaque étape, c'est l'injustice qui a prévalu, avec un énorme déni de justice. Il n'y a aucune raison de penser qu'il en sera autrement à l'avenir. Le grand jury américain qui produit le mandat d'extradition se tient en secret, a quatre procureurs mais pas de défense ni de juge.

 

Le traité d'extradition entre le Royaume-Uni et les États-Unis permet au Royaume-Uni d'extrader Julian vers les États-Unis sans qu'il y ait de preuve prima facie. Une fois aux États-Unis, la National Defense Authorization Act permet la détention illimitée sans procès. Julian risque d'être emprisonné à Guantánamo Bay et torturé, d'être condamné à 45 ans de prison de haute sécurité, ou la peine de mort. »

 

Assange est seul. Chaque jour qui passe lui est plus difficile. C'est le but recherché. C'est à nous de protester. Nous sommes son dernier espoir, et le dernier espoir, je le crains, pour une presse libre.

 

Chris Hedges

https://www.truthdig.com/articles/crucifying-julian-assange/

 

URL de cet article 34082

https://www.legrandsoir.info/la-crucifixion-de-julian-assange-ce-qui-arrive-a-assange-devrait-terrifier-la-presse-truth-dig.html

 

Source: http://uranopole.over-blog.com/2018/11/morceaux-d-humeur-du-18-novembre-2018.html