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L'empreinte carbone de l'industrie automobile représentait l'an dernier 9% des émissions mondiales totales de CO2. C'est ce que montre un nouveau rapport de Greenpeace, qui décrit l'influence cruciale des constructeurs automobiles sur le réchauffement climatique. En Belgique, l’empreinte totale des voitures vendues dans notre pays en 2018 correspond à 24% de toutes nos émissions annuelles.

Le rapport "Crashing the Climate : l'industrie comme moteur de la crise climatique" analyse et classe l'impact climatique des douze principaux constructeurs automobiles. [1] Volkswagen est en tête de cette liste de douze pollueurs, suivie par Renault, Nissan, Toyota, General Motors et Hyundai-Kia. [2]

"La responsabilité des constructeurs automobiles dans la crise climatique actuelle est énorme. L'année dernière, l'industrie automobile mondiale était responsable de plus d’émissions de gaz à effet de serre que l’ensemble de l’Union européenne", compare Elodie Mertz, experte en Mobilité durable chez Greenpeace Belgique.

L’impact des voitures vendues en Belgique en 2018 sur le climat est significatif: de leur production à leur recyclage, 26,9 Mégatonnes de CO2 seront émis, soit l’équivalent de 24% du total des émissions annuelles belges. [3] “L’industrie doit offrir d’autres alternatives aux usagers et cesser de mettre à leur disposition des outils de pollution massive”, reprend Elodie Mertz.

Cesser la vente de véhicules fossiles pour 2028
Le rapport montre d’ailleurs la façon dont l'explosion des ventes des véhicules utilitaires sportifs (SUV) entrave la transition vers un parc automobile plus respectueux du climat. En Belgique, le nombre de SUV neufs a doublé en 5 ans. En 2018, 1 voiture sur 3 vendue en Belgique était un SUV. [4]

"En s'accrochant aux combustibles fossiles, l'industrie automobile fait obstacle aux solutions durables. Alors qu’au même moment, de plus en plus de gens veulent se déplacer d'une manière qui préserve le climat et notre santé", note Elodie Mertz.

Afin de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, la vente de véhicules alimentées aux énergies fossiles doit cesser au plus tard en 2028. [5]

"Les Pays-Bas, la France, l'Inde et les pays scandinaves, entre autres, ont déjà annoncé une date de fin pour la vente de voitures à essence et diesel. Nous demandons à la Belgique de suivre ces exemples. L'industrie automobile devrait être obligée d'opter pour des modèles plus petits et plus économes en énergie", conclut Elodie Mertz. [6]

Greenpeace lance le rapport à l'occasion du Salon International de l'Automobile IAA qui se tient à Francfort. Le samedi 14 septembre, des organisations environnementales et des mouvements citoyens prendront part à un grand rallye cycliste qui se terminera à l'entrée du Salon. Des milliers de personnes ont déjà confirmé leur participation pour exiger une transition rapide vers une mobilité durable. [7]

Notes:
[1] Ce rapport est une publication conjointe de Greenpeace Asie de l’Est et de Greenpeace Allemagne. Un résumé en français peut être trouvé ici.

[2] L'empreinte carbone des constructeurs automobiles est basée sur les émissions de gaz à effet de serre calculées sur la durée de vie des voitures fabriquées en 2018 (de la production, à l’utilisation en passant par la transformation en fin de vie). Les données suivantes ont été utilisées pour le calcul : les données sur les ventes mondiales, les émissions de la flotte en provenance de Chine, de l'Union européenne et des États-Unis, les données sur la production, le recyclage et les émissions "en amont" des carburants (les émissions dues à l'extraction et au raffinage des carburants).
Les auteurs du rapport ont utilisé autant que possible des données gouvernementales. Si aucune donnée n'était disponible, ils se sont fondés sur des variables proxy. Le chapitre 2 du rapport fournit une explication détaillée de la méthodologie.

[3] Le détail complet et les sources de ce calcul basé sur des chiffres officiels peut vous être transmis sur demande. En voici le résumé: selon ces chiffres, 549.632 autos ont été vendues en 2018 en Belgique. L’émission moyenne d’une voiture en 2018 est de 119,2 g de CO2 par km en test, chiffre à ajuster par 1,39 pour faire face aux conditions réelles (NEDC). L’utilisation moyenne d’une voiture est de 200.000 km.
A ces émissions, s'ajoutent celles de la production de l’auto, son recyclage et les émissions “en amont” des carburants (extraction, raffinage, distribution).
Au total, les voitures vendues en 2018 en Belgique auront été responsables à la fin de leur vie de l’émission 26.912.797 tonnes de CO2, soit 26,9 Mégatonnes de CO2.
Selon les derniers chiffres disponibles, ceux de 2017, la Belgique émet annuellement 114,28 Mégatonnes de CO2.
Les émissions totales des voitures vendues en Belgique en 2018 correspondent à 24% de ce total.

[4] Source : Chiffres Febiac pour les immatriculations de véhicules http://febiac.be/statistiques/2019/2.B.7.%20Evolution%20des%20immatriculations%20de%20voitures%20neuves%20par%20segment.xls/2019/2.B.7.%20Evolution%20des%20immatriculations%20de%20voitures%20neuves%20par%20segment.xls

[5] Une étude du Centre allemand pour l'aéronautique et l'astronautique (DLR) commandée par Greenpeace montre que la dernière voiture particulière équipée d'un moteur à combustion interne, y compris l'hybride conventionnelle, doit être vendue d'ici 2028 au plus tard afin de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C.

[6] Cette carte donne un aperçu de toutes les mesures déjà prises par les villes et pays européens pour éliminer progressivement les voitures à carburant fossile.

[7] Plus d'informations sur cet événement ici.