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DOSSIER THÉMATIQUE: Sahara occidental

Lundi 16 novembre 2020, un
article de la rtbf relatait l’occurrence d’échanges de tirs dans la nuit de dimanche à lundi à l’extrême sud du Sahara occidental. L’article faisait également état de l’existence de « tensions » au Sahara occidental. C’est le moins que l’on puisse dire. Le cessez-le-feu, établi depuis 1992, entre le royaume du Maroc et la République arabe sahraouie démocratique (RASD) est manifestement rompu. En conséquence, une ligne de front semble se dessiner.

Bien qu’il soit dommageable qu’il faille entrer en conflit armé pour que cette crise humanitaire soit intégrée dans un discours médiatique, nous sommes contraints d’admettre que, pour une fois, la question est rétablie dans un propos. En effet, jusqu’alors, le reste du monde semblait totalement désintéressé de cette question dont peu de gens maîtrisent les tenants et les aboutissants tant elle était absente des médias. Pourtant, cette crise humanitaire est une conséquence directe de l’oubli dans lequel la communauté et les institutions internationales ont plongé le peuple sahraoui et son histoire depuis maintenant près de trente ans. On peut dès lors se demander si cette violence n’était pas pressentie, voire imminente. Les Sahraoui·e·s n’ont-ils/elles pas le sentiment, et ce de manière légitime, d’être mené·e·s en bateau depuis trop longtemps ? Pouvons-nous même parler d’ « impatience » lorsqu’une issue digne vous est promise depuis tant d’années ? La délégitimation et l’invisibilisation ne conduisent-elles pas forcément sur les chemins du conflit ? Comment ne pas comprendre les pulsions de vie de ces Sahraoui·e·s, coincé·e·s dans un territoire invivable ?

C’est à la vue de ce contexte actuel et du constat de l’échec du cessez-le-feu et des négociations de ces presque trente dernières années que nous avons décidé de relayer trois articles écrits antérieurement mais jamais encore diffusés. Ces trois articles font suite à une mission civile d’observation dans les camps de réfugiés au Sahara occidental durant le mois d’octobre 2019. Il s’agissait d’une délégation emmenée par le Comité Belge de soutien au peuple sahraoui (association membre de la CNAPD). Ils dressent un état de la question au travers de l’aperçu de cette mission civile d’observation. La destinée - pour une fois actuelle - des Sahraoui·e·s et de leur droit à l’autodétermination réveille de vieux dossiers au sein de la coordination, qu’il est temps de traiter avant qu’ils ne soient, une fois encore, classés sans suite.

Ces trois articles sont à lire de manière chorale, chacun d’entre eux abordant un angle de vue différent et complémentaire.

Pour en savoir plus sur le Comité Belge de soutien au peuple sahraoui, association membre de la CNAPD, rendez-vous ici:


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SAHARA OCCIDENTAL: Histoire et dignité


MÉMOIRE ET ACTUALITÉ D'UN DRAME HUMAIN

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« Nous vivons ici la seconde crise de réfugiés la plus ancienne. La particularité, c’est qu’il s’agit de l’unique déplacement forcé de la mer vers le désert. Personne ne vient chercher la vie dans le désert. Dans tous les textes fondateurs, le désert est perçu comme invivable ». M. Buhabeini, président du Croissant rouge sahraoui, est grave. « Pour nous aussi, ce désert, dans ces conditions, est invivable ! » Comment diable ces dizaines de milliers de personnes, plongées ici dans une adversité indicible, ont-elles été amenées à vivre un projet commun : la naissance d’un peuple qui cherche à recouvrer un territoire perdu ?

Les oasis sont rares. Ça plombe sec en plein mois d’octobre. Au loin, une famille nomade organise son campement temporaire. Leurs dizaines de chèvres se délectent de quelques rares acacias. Pour le reste rien. Une terre sèche et nue, rousse. Bachar sent la piste, invisible au profane. Depuis un dernier checkpoint algérien, il guide le convoi sur ce bout de terre plat et aride. Au volant de sa Land Rover du Protocol[2], il suit sa boussole intérieure, celle de son peuple, depuis des kilomètres au travers de rien. Rien ? Non. Dans l’air flotte une émotion, une joie intense qui n’apaise pas la colère. Vitres baissées, les louanges et les doigts de la victoire, fiers et dressés, s’échangent chaleureusement dès qu’on foule les premiers ares du sol libre. Plus loin, lorsqu’apparaît très vite le relief du mur de sable fortifié, ce sont les grimaces et les jurons en hassanya, le dialecte qui a progressivement uni les Sahraouis par la langue. L’horizon du territoire national est coupé. En face, au-delà du champ aveugle de mines sournoises, on distingue clairement un jeune planton marocain. Il avertit son officier dans la guérite de notre présence. Dans ses jumelles, nous sommes les « terroristes ».


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SAHARA OCCIDENTAL: aide humanitaire

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TRÊVE DE PITIÉ. BESOIN DU TERRITOIRE !

Les Sahraouis refusent d’être envisagés sous le seul angle de la perfusion humanitaire. Ils réclament avec fermeté leur territoire, indispensable à la construction de leur État et la satisfaction de leurs besoins. La guerre, la détermination des territoires et l’aide aux réfugiés sont encadrés par les Droits internationaux. Mais là aussi, tout se contracte, se rétrécit, se résorbe. L’humanitarisme contribue-t-il à l’enlisement et la dissimulation ? Serait-il le service après-vente de la colonisation et de l’exploitation ? « Plutôt que d’être tués à petit feu comme assistés », certains jeunes, bouillonnant d’idées, de compétences et d’énergie, envisagent « de gagner leur dignité par l’action ».

On dirait un échouage, une galère. Un centre logistique protégé par l’empilement en cercle de centaines de vieux conteneurs peinturlurés des couleurs du monde entier. La mer s’est retirée, il y a une éternité. Tous les jours, avec son équipe, il anime cette forteresse humanitaire. M. Buhubeini Yahya est le président expérimenté du Croissant rouge sahraoui (CRS). Son opinion est très claire : « 43 ans que nous attendons. Combien d’années allons-nous rester ici ? Nous ne voyons pas de lumière au bout du tunnel. Pour le moment, on donne un parachute à un malade. La seule solution, c’est une solution politique ! » Comme travailleur humanitaire, il trouve la légitimité de son travail dans le droit international. En s’appuyant sur les Conventions relatives au statut des réfugiés de Genève de 1951 et son crucial Protocole additionnel de 1967, le Haut-Commissariat aux Réfugiés des Nations unies (HCR) a reconnu que les personnes sahraouies déplacées ont droit à bénéficier de la protection internationale.


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SAHARA OCCIDENTAL: entre reconnaissance et exploitation

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UNE SOLUTION POLITIQUE OU LA VIOLENCE LÉGITIME ?

Respectueux de leurs engagements, les Sahraoui.es font taire les armes depuis 1991. Toutefois, ils ont la persistante impression d’être menés en bateau en plein désert : les conditions de leur dignité sont lentement démantelées par la stagnation, l’occupation marocaine et l’exploitation des ressources territoriales. Beaucoup ne masquent plus leur frustration. Peut-on parler d’impatience quand on vous promet une issue digne depuis 28 ans ? Ils sont plus nombreux aujourd’hui à refuser d’entrer vivants dans la catégorie des vaincus. Quand les terreaux invivables sont artificiellement entretenus, c’est la violence politique qu’on fabrique ! Des responsabilités européennes sont largement engagées.

Le Wali de la wilaya de Smara, le plus grand camp de réfugiés, nous invite lors d’un Conseil municipal. Le thé s’y prépare selon la tradition, en trois services. Le regard est chaleureux, fatigué, perçant. Le discours est rôdé mais parait tellement sincère. Le ton est doux mais le verbe posé est critique, sans concession. « L’ONU a failli, la communauté internationale a failli ! » La France, grand soutien du Maroc, est désignée comme le principal adversaire à une solution : elle bloquerait toute négociation sérieuse au sein des instances internationales. Notamment au sein de l’Union européenne. Le ressentiment à son égard est informé, fort et clair. Le temps qui passe dupe le peuple sahraoui, il le sait.


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