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Zij hadden hun redenen

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L’ignorance c’est la force !

On ne peut pas dire que les masses se soulèvent pour défendre Julian Assange qui est pourtant traité comme un paria depuis une décennie parce qu’il n’a cessé de révéler au monde les différents crimes d’Etat commis entre autres par l’armée étatsunienne en Irak. Ah ! On lui reproche de s’être servi de Chelsea Manning pour publier des documents classés « top secret » prouvant, images à l’appui, ce qu’il avançait. Sa méthode avec son association Wikileaks : il diffusait sur la toile les documents bruts qu’il réussissait à se procurer via les failles d’Internet. Il s’est attaqué à de très gros morceaux dont les fameux e-mails d’Hillary Clinton considérés comme ultraconfidentiels.

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Julian Assange est sans doute la référence du journalisme libre du XXIe siècle.

Julian Assange était en outre poursuivi par la Suède pour une sombre affaire de viols qui semble être un coup monté. Suite à cela, un mandat d’arrêt international a été lancé contre lui. Pourtant, il ne voulait pas échapper à la Justice suédoise, mais il craignait qu’en étant arrêté par les Suédois, il soit extradé vers les Etats-Unis qui le réclamaient pour espionnage. Après avoir été à Londres en résidence surveillée, le patron de Wikileaks fut contraint de se réfugier le 16 août 2012 à l’ambassade d’Equateur à Londres, le président équatorien à l’époque, Rafaele Correa, lui ayant en effet accordé l’asile politique.

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Rafaele Correa, président de gauche de la République d'Equateur, accorda l'asile politique à Julian Assange.

Cependant, en dépit des dispositions du droit international, il n’a pu sortir de l’ambassade pour se rendre en Equateur. Assange est donc resté enfermé dans ce petit bâtiment pratiquement sept ans où il a pu malgré tout continuer à diriger Wikileaks. Correa a été renversé en 2018 par le conservateur Lenin Moreno. Aussi, le sort de Julian Assange était compromis. Le 12 avril 2019, sur plainte de l’ambassadeur équatorien à Londres, la police londonienne a exfiltré violemment le journaliste de la légation. Il a été presqu’aussitôt condamné à 50 semaines de prison et enfermé à la prison de Belmarsch réputée pour être une des plus dures du Royaume Uni et le gouvernement britannique a accepté la demande d’extradition des Etats-Unis. L’affaire reste pendante devant la Justice britannique. Si celle-ci accorde l’extradition, Assange risque 175 ans de prison pour « espionnage », voire même la peine de mort.

ob 199e29 assange arrestation2La violente arrestation de Julian Assange montre bien la volonté des autorités britanniques de l'extrader vers les Etats-Unis.

Cet acharnement contre Julian Assange et la passivité de la presse – particulièrement la presse mainstream – prouvent que l’establishment occidental et particulièrement anglo-saxon veut sa peau et souhaite faire un exemple. Les procédés utilisés pour neutraliser le patron de Wikileaks sont aussi odieux qu'efficaces.

A propos du prétendu viol

Le rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, Nils Melzer, qui connaît la langue suédoise, a écrit :

« … ce que j’ai découvert, c’est qu’il n’a jamais été accusé d’une infraction sexuelle. Certes, peu après que les Etats-Unis eurent encouragé leurs alliés à trouver des raisons de poursuivre Assange, deux femmes ont fait la une des journaux en Suède. L’une d’entre elles a affirmé qu’il avait déchiré un préservatif et l’autre qu’il n’en avait pas porté, dans les deux cas lors de rapports sexuels consensuels - ce qui n’est pas exactement le scénario d’un "viol" à part en Suede. Rappelez-vous, chaque femme a même soumis un préservatif comme preuve. Le premier, supposément porté et déchiré par Assange, n’a révélé aucun ADN, ni à lui, ni à elle, ni celui de qui que ce soit d’autre. Allez comprendre. Le second, utilisé mais intact, était censé prouver qu’il s’agissait d’un rapport sexuel "non protégé". Allez comprendre, encore une fois. Les femmes ont même envoyé un texto disant qu’elles n’avaient jamais eu l’intention de signaler un crime, mais qu’elles avaient été "poussées" à le faire par une police suédoise zélée. Allez comprendre, encore une fois. Depuis lors, la Suède et la Grande-Bretagne ont tout fait pour empêcher Assange de faire face à ces allégations sans avoir à s’exposer simultanément à l’extradition américaine et donc à un procès-spectacle suivi d’une peine de prison à vie. »

ob a42704 nils melzerNils Melzer, rapporteur des Nations Unies sur la torture s'engage pour la protection de Julian Assange.

Melzer a ajouté dans son rapport :

« Je pense qu’il est également important de souligner que ce qu’on appelle une allégation de viol n’est pas du tout ce qu’on appellerait un viol en anglais ou dans toute autre langue que le suédois dans le monde et je sais de quoi je parle car je parle suédois. Cette allégation de viol se réfère donc à un délit, qui n’implique aucune violence. »

Ajoutons que les deux femmes n’avaient jamais déposé plainte et que c’est, selon leurs propres dires, la police suédoise qui a fait pression pour qu’elles le fassent.

La Suède a été encore plus loin dans son acharnement : elle a modifié la loi en 2018 pour rendre les « accusations » portées contre Assange plus conformes à la définition de « viol », les prétendus faits ayant eu lieu en 2010 !

Il est clair que cette accusation abominable dont les fondements sont plus que douteux a pour objet de discréditer Assange aux yeux de l’opinion publique très sensible à l’égard des pervers sexuels depuis l’affaire Dutroux. Et c’est réussi en ce sens qu’aucun grand journaliste n’ose se mobiliser pour Assange qui est traité comme un paria depuis plus d’une décennie. Seuls des militants et des militantes de la mouvance radicale défendent l’Australien.

Les vraies raisons

L’acharnement des autorités suédoises s’explique sans doute par le puritanisme excessif qui sévit dans ce pays depuis quelques années, mais aussi par autre chose que révèle Assange lui-même. Avant de se réfugier à l’ambassade d’Equateur, Julian Assange était en résidence surveillée dans une résidence de Ellingham Hall.

Il reçut en juillet 2011 la visite d’Éric Schmidt, le président de Google. Ce fut un affrontement entre les deux géants du Net qui a été enregistré et a fait l’objet d’un ouvrage de Julian Assange, Google contre Wikileaks, éditions Ring.fr. Ce livre passionnant montre la puissance de Google et on sent bien que Schmidt qui est rejoint par les numéros 2 et 3 de la firme de la Silicon Valley, Jared Cohen et Scott Malcomson, jauge Julian Assange qui ne tombe pas dans le piège. Cela donne un débat époustouflant. Cependant, le premier des GAFA est bien plus puissant que Wikileaks, car il est introduit partout, notamment dans le fameux groupe de Bilderberg et dans l’Etat profond US avec lequel il travaille.

ob a2dc81 eric schmidtEric Schmidt, ex-patron de Google, a tenté en vain de piéger Julian Assange.

Une note de bas de page relative à la Suède est révélatrice et pourrait constituer l’explication de la véritable raison de l’acharnement des autorités de ce petit royaume contre Assange.

« Au milieu des années 2000, la Suède était considérée comme un paradis pour les internautes avec une connectivité élevée (près de 90 % des ménages suédois) et des politiques favorables à la technologie mises en œuvre par le gouvernement suédois. De nombreux services menacés de censure ont choisi la Suède comme refuge électronique. Malheureusement, à mesure que des services se déplaçaient vers la Suède, cette particularité du pays est rentrée en conflit avec ses relations politiques en particulier avec les Etats-Unis. Cela a conduit à une série de mesures de répression (par exemple, le procès Pirate Bay) à la suite de pressions exercées par la Maison Blanche, comme le montrent les câbles Wikileaks, et la fuite subséquente de ses services. La Suède n’a qu’une population de neuf millions d’habitants, est géographiquement isolée et se trouve à proximité d’une Russie résurgente. En fin de compte, elle n’avait pas le poids pour risquer d’affronter son principal allié militaire et de renseignement. » (Note de bas de page 6, p. 89)

Aussi, il n’est guère surprenant que la Suède exerce sur Assange une pression telle qu’il a dû se réfugier en Angleterre. Cela prouve que les pays européens et l’Union européenne sont sous la tutelle de l’Etat profond américain et sans doute qu’Assange sert d’exemple pour dissuader toute velléité de résistance. Il y a deux personnes au monde qui disposent d’une certaine liberté de manœuvre en l’occurrence : Edward Snowden qui est réfugié en Russie et qui peut jusqu’à présent s’exprimer librement tant qu’il ne nuit pas aux intérêts de Moscou et le journaliste anglo-brésilien Glenn Greenwald qui, pour le moment, est persécuté par le gouvernement du fasciste Bolsonaro, mais pour l’instant, il bénéficie du soutien de l’opinion brésilienne et de son pouvoir judiciaire. Enfin, il ne faut pas passer sous silence le sort de Chelsea Manning qui est littéralement persécutée par la Justice US.

ob 8c075b glenn greenwaldGlenn Greenwald, ici avec Edward Snowden qui l'a choisi pour diffuser ses informations. Un des seuls journalistes réellement indépendant.

La violation des principes fondamentaux

Quant à Julian Assange, on peut s’inquiéter sur son sort. Et tout cela se passe dans la totale violation des principes qui sont le fondement de notre démocratie, enfin, de ce qu’il en reste...

Le journaliste et grand reporter australien John Pilger – très critiqué par la presse meanstream, notamment pour ses reportages sur la guerre en Syrie – soutient ouvertement Julian Assange et il en fait une question fondamentale pour l’avenir du journalisme.

ob 746a12 john pilger01Le journaliste australien John Pilger est un grand défenseur de Julian Assange.

Ainsi, dans un discours qu’il a prononcé lors d’un rassemblement à Sidney de solidarité pour Julian Assange, Pilger a expliqué les raisons de l’acharnement des autorités occidentales à son égard :

« Julian est un Australien remarquable, qui a changé la façon dont beaucoup de gens perçoivent l’hypocrisie des gouvernements. Et pour cela, il est devenu un réfugié politique soumis à ce que les Nations Unies appellent une "détention arbitraire".

L’ONU dit qu’il a le droit à un libre passage vers la liberté, mais cela lui est refusé. Il a droit à un traitement médical sans crainte d’être arrêté, mais cela lui est refusé. Il a droit à une indemnisation, mais cela lui est refusée.

En tant que fondateur et rédacteur en chef de Wikileaks, son crime a été de jeter une lumière sur cette période sombre. Wikileaks a un bilan impeccable en termes de précision et de véracité, qu’aucun journal, aucune chaîne de télévision, aucune station de radio, aucune BBC, aucun New York Times, aucun Washington Post, aucun Guardian ne peut égaler. De fait, ils en sont humiliés.

Cela explique pourquoi il est puni. »

Et ce n’est pas tout.

« En 2016, Wikileaks a révélé un lien direct entre Clinton et le jihad organisé au Moyen-Orient : en d’autres termes, les terroristes. Un courriel révélait que lorsque Mme Clinton était secrétaire d’État américaine, elle savait que l’Arabie saoudite et le Qatar finançaient l’État islamique, mais elle a accepté des dons énormes des deux gouvernements pour sa fondation.

Elle a ensuite approuvé la plus importante vente d’armes au monde jamais réalisée à ses bienfaiteurs saoudiens : des armes qui sont actuellement utilisées contre les populations du Yémen.

Cela explique pourquoi il est puni. »

On comprend aisément pourquoi l’establishment US et son instrument, l’Etat profond, cherchent à avoir la peau de Julian Assange !

De grands juristes américains s’inquiètent du précédent que constituerait une condamnation de Julian Assange. Ainsi, la journaliste contestataire australienne Caltlin Johnstone rapporte dans un article publié par le site « Le Grand Soir » du 1er janvier 2019 :


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Caltlin Johnstone, une autre journaliste australienne indépendante défendant Julian Assange.

« Mardi dernier [juillet 2018 - NdT], un grand avocat du New York Times, David McCraw, a averti une salle pleine de juges que la poursuite de Julian Assange pour les publications de Wikileaks créerait un précédent très dangereux qui finirait par nuire aux principaux médias d’information comme NYT, le Washington Post et les autres médias qui publient des documents gouvernementaux secrets.

"Je pense que la poursuite contre lui constituerait un très, très mauvais précédent pour les éditeurs", a déclaré M. McCraw. "Dans cette affaire, d’après ce que je sais, il se trouve dans la position d’un éditeur classique et je pense que la loi aurait beaucoup de mal à faire la distinction entre le New York Times et Wikileaks. »

En clair, la liberté de la presse est menacée suite à l’affaire Assange qui constitue dès lors un précédent extrêmement dangereux.

ob 8d3003 david mccrauwL'avocat new yorkais David Mccrauw avertit les responsables de la presse US du dangereux précédent pour la liberté de la presse que constituerait une condamnation de Julian Assange.

La politique du secret

Dans une interview au journal suisse en ligne « Horizons et débats », l’ancien avocat du Haut-Commissariat des Droits de l’Homme aux Nations Unies, Alfred de Zayas, n’y va pas de main morte. Il déclare :

« Julian Assange est journaliste. Son travail est protégé par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (art. 19) et la Convention européenne des droits de l’homme. M. Assange a également droit à l’asile, puisque la Convention de Genève de 1951 relative aux réfugiés doit être pleinement appliquée dans sa situation. Il faut le répéter : Wikileaks apporte une contribution nécessaire et très précieuse à la démocratie car nous avons un besoin urgent des informations que nos gouvernements nous cachent, en particulier des preuves de corruption, de manipulation, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

ob eef5ec alfred de zayasAlfred de Zayas, ancien rapporteur des Nations Unies pour les Droits de l'Homme s'inquiète des conséquences de la traque de Julian Assange.

La politique de secret des Etats-Unis – mais aussi des Etats européens – est peut-être la plus grande menace pour la démocratie et la paix dans le monde. C’est pourquoi nous avons besoin de nouvelles lois et règles pour protéger les lanceurs d’alertes concernant des crimes. Ils sont les héros de notre temps – et les véritables défenseurs de nos droits de l’homme. Lorsque des personnes courageuses comme M. Assange et M. Snowden sont persécutées et placées derrière les barreaux ou forcées à l’exil, nous perdons notre droit à l’information et nous nous approchons d’une dystopie orwellienne. »

La politique du secret se généralise en effet. La loi dite secret des affaires, les lois de censure adoptées notamment en France et la censure exercée par exemple par Facebook sur son réseau constituent autant de menaces pour les libertés fondamentales, mais aussi pour la paix. Les tensions ne cessent de monter un peu partout sans que, dans bien des cas, l’on n’en connaisse les véritables raisons.

Même en Belgique

ob 3a11bc reyndersLe ministre ultralibéral Didier Reynders a pondu en catimini un avant-projet de loi contre les lanceurs d'alerte.

Même en Belgique, le gouvernement pourtant en affaires courantes légifère en catimini en vue de sanctionner ceux qu’on appelle les « lanceurs d’alerte ». Le « Soir » du 14 août révèle que le vice-premier ministre, le libéral très à droite Didier Reynders, a déposé au Conseil des ministres un avant-projet de loi dit de « sécurité ». Ce texte a été soumis pour avis au Conseil d’Etat. Il vient de le remettre (avis 66143/2) et c’est ainsi que la presse a eu connaissance de cet avant-projet de loi. En plus, le Conseil d’Etat retoque sérieusement cet avant-projet et particulièrement son article 22 qui est libellé comme suit : « Les personnes qui ne sont pas titulaires d’une habilitation de sécurité et qui rendent publique[s] des informations classifiées, qui savent ou devraient savoir qu’une divulgation est susceptible de porter atteinte à un des intérêts fondamentaux visés à l’article 3, § 1er, sont passibles d’une amende de cent euros à cinq milles euros ». En clair, tout qui disposerait d’informations secrètes, même sans être habilité à les avoir, et qui les diffuse, est sanctionné par une amende pouvant monter jusqu’à 5.000 euros. Ce sont évidemment les « lanceurs d’alerte » qui sont visés par ce texte.

Après la loi secret des affaires, la loi Avia en France, cet avant-projet de loi « sécurité » s’inscrit dans une nette volonté du pouvoir au sein de l’Union européenne, d’encadrer la liberté de la presse. Ainsi, on fait tout pour laisser le public dans l’ignorance de faits et de dispositions qui pourraient lui être préjudiciables ou qui sont carrément contraires aux droits fondamentaux.

Pourtant ces dispositions vont totalement à l’encontre des vues des Nations Unies en la matière. Alfred de Zayas déclare :

« Dans mes rapports adressés au Conseil des droits de l’homme et à l’Assemblée générale de l’ONU, j’ai plaidé à plusieurs reprises en faveur d’une Charte pour les droits des lanceurs d’alertes [«Charter on the Rights of Whistleblowbers»]. Ils ont besoin d’une protection spéciale pour que le droit ne soit pas manipulé dans le but de réduire au silence les dissidents. »

Cela est resté lettre morte, évidemment !

Le sort de Julian Assange

Tous ceux qui connaissent et fréquentent Julian Assange sont très inquiets sur son sort et sur sa santé physique comme mentale. Nils Meltzer le souligne dans son rapport du 31 mai dernier :

« Il est évident que la santé de M. Assange a été gravement affectée par l’environnement extrêmement hostile et arbitraire auquel il a été exposé pendant de nombreuses années. (...) Mais surtout, en plus des maux physiques, M. Assange présentait tous les symptômes typiques d’une exposition prolongée à la torture psychologique, y compris le stress extrême, l’anxiété chronique et le traumatisme psychologique intense. »

Et il ajoute :

« Mon inquiétude la plus urgente est qu’aux Etats-Unis, M. Assange soit exposé à un risque réel de violations graves de ses droits de l’homme, y compris sa liberté d’expression, son droit à un procès équitable et l’interdiction de la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. »

Meltzer n’est pas le seul à exprimer son inquiétude. L’Irlandaise du Nord, Mairead Maguire, lauréate du Prix Nobel de la Paix 1976 explique à Horizons & Débats :

ob 14eaa0 mairead maguireMairead Maguire, lauréate du Prix Nobel de la Paix 1976 s'inquiète du sort de Julian Assange et milite activement pour sa libération.

« Malheureusement, je suis convaincue que Julian Assange n’obtiendra pas de procès équitable. Comme nous l’avons vu au cours des sept dernières années, les pays européens et bien d’autres n’ont pas la volonté politique ou l’influence nécessaires pour défendre ce qu’ils savent être juste et finiront par céder selon la volonté des Etats-Unis. Nous avons vu Chelsea Manning forcée à retourner en prison et à l’isolement, nous ne devons donc pas être naïfs dans notre façon de penser : c’est certainement ce qui attend Julian Assange.

J’ai rendu visite à Julian à deux reprises à l’ambassade d’Equateur et j’ai été très impressionnée par cet homme courageux et très intelligent. La première visite a eu lieu à mon retour de Kaboul. De jeunes adolescents afghans avaient insisté pour écrire une lettre et avaient demandé que je la transmette à Julian Assange, pour le remercier d’avoir publié sur Wikileaks la vérité sur la guerre en Afghanistan et pour avoir aidé à empêcher leur pays d’être bombardé par des avions et des drones. Tous m’ont parlé de frères ou d’amis tués par des drones alors qu’ils ramassaient en hiver du bois dans les montagnes. »

De plus, comme le rapporte Aymeric Monville dans le « Grand Soir », l’avocate de Julian Assange est d’une étrange passivité depuis son emprisonnement à Belmarsh près de Londres. On ne connaît pas ses conditions de détentions, on ne sait même pas s’il y est réellement. Il n’a droit à aucune visite, ni même de ses avocats. Aussi, le silence de Me Jennifer Robinson est éminemment suspect ! D’autre part, l’actuel rédacteur en chef de Wikileaks, Kristinn Hrafson a abandonné « faute de temps » (!) la procédure de recours contre la condamnation à l’emprisonnement de 50 semaines d’Assange par un tribunal londonien.

Et puis, des proches collaborateurs d’Assange ne donnent plus de nouvelles. Monville explique :

« On est, hélas, sans nouvelles de Sarah Harrison, qui avait apporté une aide précieuse à Edward Snowden, ainsi que de Jacob Appelbaum qui avait présenté la video la plus importante de Wikileaks, "Collateral Murder" (meutre collatéral).

Quant à Joseph Farell, qualifié d’ambassadeur de Wikileaks, on peut constater qu’il émarge au Centre for Investigative Journalism, qui a reçu le soutien de l’Open Society ainsi que la Fondation Ford.

Ensuite, Renata Ávila, porte-parole de la défense de Julian Assange, est directrice exécutive depuis 2018 de la Fundación Ciudadanía Inteligente financée par l’Open Society (Soros) et même la National Endowment for Democracy !

Enfin, en ce qui concerne la Bertha Foundation, l’officine de l’avocate d’Assange Jennifer Robinson, dont nous parlions plus haut, les liens avec les réseaux Soros apparaissent clairement dès qu’on s’intéresse à la partenaire hongroise de ladite association, la Hungarian Civil Liberties Union, financée elle aussi par les réseaux Soros. Un épluchage fastidieux de la presse féminine nous apprend également que Mme Robinson nourrit de fortes ambitions politiques dans son pays, l’Australie, lesquelles expliquent sans doute les compromis avec cette fiévreuse activité de réseautage bien-pensant estampillé "démocratie" mais peu critique de l’impérialisme. Quand on s’intéresse à la principale partenaire de Jennifer Robinson à la Bertha Foundation, Mme Ramute Remezaite, on apprend bientôt que celle-ci a réussi à se faire expulser d’Azerbaïdjan.

ob a68abb george sorosPourquoi le milliardaire américain Georges Soros s'occupe de Julian Assange ?

Était-elle en mission pour organiser une énième révolution orange ? Rappelons que M. George Soros lui-même a reconnu bien volontiers son implication dans la révolution orange ukrainienne. Nous ne développons pas une théorie du complot, nous ne prétendons pas que les réseaux Soros "contrôleraient tout" comme le disent certains imbéciles, mais nous en tenons aux faits : les réseaux Soros sont un des acteurs majeurs des récents "regime change" que prise tant l’impérialisme états-unien. Ajoutons qu’il n’avait, jusque-là, jamais été dans les intentions ni les pratiques de Wikileaks de soutenir en quoi que ce fût ce type d’opérations, bien au contraire. » (souligné par nous)

Même la mère de Julian Assange s’est retirée de la campagne de soutien à son fils. Que s’est-il donc passé ? Il est évident qu’il y a eu des pressions et des menaces venant sans doute des plus hautes autorités. Le saura-t-on un jour ?

L’ignorance c’est la force !

Le troisième slogan du triptyque orwellien se réalise. La force du pouvoir est l’ignorance du peuple. Aussi faut-il museler les médias. Il n’est d’ailleurs pas étonnant que la plupart d’entre eux appartiennent à des milliardaires comme le « Monde » en France qui est la propriété de Xavier Niel, « Libération » repris par le groupe Rothschild, etc. A la limite des journaux de droite comme le « Figaro » qui était détenu par feu Marcel Dassault se montrent souvent plus indépendants !

Sans presse indépendante et libre, pas d’informations ! C’est aussi simple que cela. Le pouvoir le sait bien et particulièrement depuis les dernières années où l’on voit un renforcement du contrôle des médias avec les lois répressives contre les soi-disant « fake news », les prétendues « insultes » et la divulgation de secrets qui pourraient gêner le pouvoir.

Le cas de Assange est exemplaire et doit constituer une alerte majeure. Il est cependant curieux et en même temps révélateur que la grande presse dite « mainstream » ne se soucie guère de son sort. Après tout, Mesdames et Messieurs les journalistes, Julian Assange est un de vos confrères. Alors, qu’attendez-vous pour vous réveiller ?

La dernière lettre

Assange a écrit à son ami, le journaliste britannique indépendant Gordon Dimmack, après avoir été expulsé de l’ambassade d’Equateur :

ob 3cb049 gordon dimmackGordon Dimmack aussi journaliste indépendant britannique et ami de Julian Assange

« J’ai été privé de toute capacité de préparer ma défense, sans ordinateur, sans Internet, pas de bibliothèque jusqu’à présent, et même si j’y avais accès, ce ne serait qu’une fois par semaine et pour une demi-heure avec tous les autres [détenus]. Pas plus de deux visites par mois et il faut des semaines pour inscrire quelqu’un sur la liste des visiteurs à condition de fournir toutes leurs coordonnées pour faire l’objet d’une enquête de sécurité. Ensuite, tous les appels, à l’exception de ceux des avocats, sont enregistrés et d’une durée maximale de 10 minutes dans une période limitée de 30 minutes par jour, pendant laquelle tous les détenus se disputent le téléphone. Et le crédit ? Juste quelques livres sterling par semaine et personne ne peut appeler de l’extérieur.

En face ? Une superpuissance qui se prépare depuis 9 ans et qui a consacré de centaines de personnes et dépensé des millions sur cette affaire. Je suis sans défense et je compte sur vous et d’autres personnes de valeur pour me sauver la vie.

Je suis toujours debout, mais littéralement entouré de meurtriers. Mais l’époque où je pouvais lire, parler et m’organiser pour me défendre, défendre mes idéaux et mon équipe est révolue jusqu’à ce que je retrouve ma liberté. Ce sont tous les autres qui doivent prendre ma place.

Ce sont tous les autres qui doivent prendre ma place. »

Oui, pour notre liberté et puisque nous sommes assez veules pour tenter de le sauver, nous devons avoir le courage de prendre la place de Julian Assange. Ce qui nous oblige aussi à nous mobiliser. Après tout, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir !


Pierre Verhas

Source: http://uranopole.over-blog.com/2019/08/qui-est-big-brother-ii.html

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