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Charles Enderlin frappe à nouveau ! Et fort et juste !

Le grand journaliste et écrivain franco-israélien Charles Enderlin vient de publier un nouveau livre choc qui n’est plus spécifiquement consacré à la situation en Israël et en Palestine, mais plutôt en France. Il s’intitule « Les Juifs de France entre République et Sionisme » (éditions du Seuil, Paris, 2020). Il écrit :

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Charles Enderlin, ancien correspondant de France 2 à Jérusalem, est un des meilleurs analystes du conflit du Proche-Orient et du monde juif auquel il appartient.

« Les institutions dominantes du judaïsme français s’efforcent de convaincre les Juifs que leur destin est lié non plus au principe d’une République juste et exigeante, mais à un “État-nation du peuple juif” à tendance messianique et qui discrimine les minorités non juives », écrit Charles Enderlin. « Le judaïsme français se confond-il désormais avec Israël, ce petit État du Proche-Orient ? ». Il cite l’ancienne mise en garde de Raymond Aron : « Dans ce cas, il sortirait de l’histoire universelle. » L’auteur explique dans son introduction en une phrase la raison de cet ouvrage : « J’ai écrit ce livre pour tenter de comprendre l’évolution de ces Juifs français dont je fus autrefois si proche et dont je me sens souvent aujourd’hui si éloigné. C’est l’histoire de la transformation d’une communauté prestigieuse qui a donné à la République les Crémieux, Netter, Naquet, Reinach, Blum, Cassin, Heilbronner, Mendès-France, Aubrac, Léon Meiss, Simone Veil, le grand rabbin Joseph Kaplan, pour ne citer que quelques noms, et qui est aujourd’hui celle des Meyer-Habib, des Gilles-William Goldnadel, des Finkielkraut, Zemmour, du CRIF – autant de soutiens inconditionnels d’Israël. »

Comme l’écrit « Mediapart » : Outre son intérêt historique, le livre de Charles Enderlin permet de prendre de la hauteur par rapport à la nauséabonde polémique visant à assimiler antisionisme et antisémitisme. Les retours historiques sont à cet égard éclairants et montrent la diversité des engagements comme la vivacité des débats entre responsables ou intellectuels juifs se réclamant du sionisme et de l'antisionisme.

Emmanuel Macron, ses relais à droite comme à gauche, veulent aujourd'hui interdire, voire criminaliser ce débat. En juillet 2017, le chef de l’État affirmait, dans son discours commémorant la rafle du Vél d’Hiv en présence de Netanyahou : « L’antisionisme est une des formes modernes de l’antisémitisme. » « Nous ne céderons rien à l’antisionisme, car il est la forme réinventée de l’antisémitisme », répète-t-il depuis. Et début décembre 2019, l’Assemblée nationale adoptait une résolution très controversée du député LREM Sylvain Maillard élargissant la définition de l’antisémitisme à l’antisionisme.

Lors de ce débat parlementaire, Meyer Habib, député LR cité par Enderlin et relais suractif de la droite du Likoud, pouvait ainsi asséner que « la détestation de l’État d’Israël, c’est le nouvel antisémitisme », car « le sionisme est au cœur de l’identité juive ». Meyer Habib est le symptôme le plus extrême de la lente dérive des représentants de la communauté juive et de ses institutions qui va aboutir à un alignement puis à un soutien inconditionnel aux politiques israéliennes conduites par Ariel Sharon et par Benjamin Netanyahou.

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Le député français Meyer-Habib est l'homme de Benjamin Netanyahou à l'Assemblée nationale française.

Emmanuel Macron, ses relais à droite comme à gauche, veulent aujourd'hui interdire, voire criminaliser ce débat. En juillet 2017, le chef de l’État affirmait, dans son discours commémorant la rafle du Vél d’Hiv en présence de Netanyahou : « L’antisionisme est une des formes modernes de l’antisémitisme. » « Nous ne céderons rien à l’antisionisme, car il est la forme réinventée de l’antisémitisme », répète-t-il depuis. Et début décembre 2019, l’Assemblée nationale adoptait une résolution très controversée du député LREM Sylvain Maillard élargissant la définition de l’antisémitisme à l’antisionisme.

Lors de ce débat parlementaire, Meyer Habib, député LR cité par Enderlin et relais suractif de la droite du Likoud, pouvait ainsi asséner que « la détestation de l’État d’Israël, c’est le nouvel antisémitisme », car « le sionisme est au cœur de l’identité juive ». Meyer Habib est le symptôme le plus extrême de la lente dérive des représentants de la communauté juive et de ses institutions qui va aboutir à un alignement puis à un soutien inconditionnel aux politiques israéliennes conduites par Ariel Sharon et par Benjamin Netanyahou.

Au-delà d’un conflit interne à la communauté juive de France, Charles Enderlin met en évidence une question de valeurs fondamentales : l’universalisme dont les intellectuels et penseurs juifs en France et en Europe étaient les militants les plus actifs après l’Holocauste et le nationalisme discriminatoire émanant de la loi Etat-nation que Netanyahou a fait voter le 19 juillet 2018 à la Knesset. Cette loi, non seulement, discrimine tous les habitants non juifs de l’Etat d’Israël – Arabes et Druzes, principalement – en faisant d’Israël l’Etat-nation du seul peuple juif. Et, implicitement, tout Juif est considéré comme citoyen de l’Etat d’Israël, qu’il y habite ou non. Enfin, cette loi encourage la colonisation dans les territoires occupés depuis 1967, Jérusalem et la Cisjordanie appelée Judée et Samarie.

Et le journaliste cite l’avertissement lancé en août 2018 au gouvernement israélien par Ronald Lauder, le président du Congrès juif mondial accusant Netanyahou de « saper l’alliance entre le judaïsme et les Lumières (…). Lorsqu’il dénigre la valeur sacrée qu’est l’égalité, nombre de ses partisans sentent qu’il tourne le dos à son héritage juif, à l’ethos sioniste et à l’esprit d’Israël. Ces nouvelles politiques ne renforceront pas Israël : elles l’affaibliront et à la longue, elles mettront en danger sa cohésion sociale, ses succès économiques et son statut international (…). » Le président Lauder ajoute que les jeunes Juifs pourraient se détourner d’Israël, ainsi que les groupes minoritaires comme les LGBT.

Cette tendance dangereuse à rejeter l’universalisme – qui ne concerne pas qu’Israël, nous aurons l’occasion de le voir – est aussi dénoncée pas plus tard que ce jour par le professeur d’histoire des religions de l’ULB, Jean-Philippe Schreiber dans une chronique qu’il tient sur Facebook au sujet des incidents qui se déroulent dans cette Alma mater au sujet d’une invitation des dirigeants de Charlie Hebdo qui sont invités à un colloque sur la liberté d’expression. Il voit l’affrontement entre deux camps, celui de l’universalisme et le courant identitaire :ob 19169e jean philippe schreiber

Le professeur Jean-Philippe Schreiber a la même vision universaliste que Charles Enderlin.

« En simplifiant de manière assez grossière, l’on peut dire que deux camps s’affrontent. Le premier porte comme étendard l’universalisme, l’égalité et l’esprit des Lumières ; il est le plus souvent allergique aux identités et aux idées post-modernes.

L’autre camp, qui n’est toutefois en rien homogène, est tout aussi progressiste, tout aussi démocrate, et tout aussi soucieux de l’égalité. Mais il analyse le réel par le prisme de la domination. Une domination occidentale, masculine, hétéronormée, bourgeoise et blanche, sur les femmes, sur les « racisés », sur les minorités... Ainsi, si l’on est par exemple une femme, une femme de couleur et dans le même temps une musulmane portant le foulard, l’on est victime de discriminations croisées : c’est l’intersectionnalité, un terme désignant à l’origine l'intersection entre le sexisme et le racisme subis par les femmes afro-américaines, un terme conduisant à penser les discriminations non en les distinguant mais dans leurs relations, car elles seraient intrinsèquement liées.

L’Union syndicale étudiante et le Cercle féministe qui ont dénoncé la participation de Charlie Hebdo à la conférence consacrée à la liberté d’expression à l’ULB, véhiculent précisément ce discours et reflètent le fossé profond qui se creuse de plus en plus entre démocrates à l’Université. S’ils stigmatisent l’universalisme, c’est parce que l’universalisme serait raciste, réactionnaire, oppresseur des minorités et islamophobe. S’ils stigmatisent Charlie Hebdo, c’est parce que l’hebdomadaire satirique n’a justement eu de cesse de dénoncer le détournement de l’antiracisme, du féminisme et de la défense des droits humains par les apôtres des minorités.

Enfin, si leur discours vise très clairement l’Université, c’est qu’il existe à leurs yeux, outre un supposé système médiatique, un système intellectuel dominant qui aurait écrasé la parole des dominés ~ chose curieuse, car s’il y a bien un lieu où le discours postcolonial, féministe et intersectionnel a droit de cité, c’est précisément l’Université. Peut-on pour autant nier que notre société contemporaine serait le produit d’une triple oppression ~ capitaliste, patriarcale et ethnocentrée ? Assurément pas. Mais quel est alors le chemin à prendre pour travailler à l’égalité et à la reconnaissance ? Question épineuse. Je suis pour ma part convaincu que si notre logiciel n’est pas universaliste, nous courrons à la catastrophe de la fragmentation et serons incapables, politiquement, culturellement et socialement, de résister à la montée en puissance du nationalisme et de la barbarie.

Dans le même temps, je suis sensible à l’affirmation de celles et ceux qui estiment sincèrement que notre société ne les reconnaît pas dans leur identité, tout autant que le fait que la parole des femmes a trop longtemps été muselée. Trouver des convergences entre ces deux camps, ces deux positions, ces deux discours, sera ardu, mais essentiel face à la sauvagerie d’un système économique prédateur.

Sans se tromper de cible quant au vent qui porte la menace : car ce n’est pas de la réaction et de la domination que produit l’hebdomadaire satirique et laïque qu’est Charlie Hebdo, c’est un souffle authentique et puissant de liberté. Vouloir condamner Charlie au silence, c’est l’assassiner une seconde fois. Comme l’écrit Marcel Sel, « on n’a jamais aussi mal traité les résistants qu’aujourd’hui ».

Cela dit, Charlie Hebdo qui, bien avant les attentats, sous l’impulsion de Philippe Val, a viré vers le camp intellectuel dominant, avait perdu son âme. C’est, en définitive – et c’est terrible à dire – le massacre du 13 janvier 2015 qui l’a sauvé. Mais, il n’y a aucune justification de l’empêcher de s’exprimer… surtout dans un colloque consacré à la liberté d’expression.

Comme quoi, tout courant de pensée n’est viable que s’il garde ses distances avec le pouvoir et la classe dominante.

CharlesEnderlinInterview de Charles Enderlin par Mediapart au sujet de son livre.

Charles Enderlin

Les Juifs de France entre République et Sionisme

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Morceaux d’humeur du 16 février 2020

Seuil, Paris, 2020

ISBN 978-2-02-121165-8

Prix 22,50 €

P.V.

Israël : encore un abus de pouvoir

L’agence Belga a publié le vendredi 07 février 2020 l’information suivante :

« Israël a convoqué jeudi l'ambassadeur suppléant de Belgique, a confirmé vendredi le SPF Affaires étrangères. L'Etat hébreu reproche à la Belgique d'avoir invité une ONG qui travaille pour des enfants palestiniens en zone de guerre à s'exprimer à la session du Conseil de Sécurité des Nations unies dédiée au Moyen-Orient. L'ambassadeur d'Israël en Belgique a à son tour été convoqué à Bruxelles, après avoir partagé des tweets critiques à l'encontre de la Belgique.

"La Belgique et Israël entretiennent de bonnes relations mais, comme entre de bons amis, il y a parfois des désaccords", affirme le SPF.

Samedi dernier, la Belgique a pris la présidence du Conseil de sécurité de l'ONU pour un mois. Dans ce cadre, elle a invité l'ONG Defense for Children Palestine à s'exprimer à la session du Conseil de Sécurité des Nations unies dédiée au Moyen-Orient, le 24 février. DCIPalestine, qui défend les droits des enfants palestiniens en zone de guerre, est très critique à l'égard d'Israël.

Pour l'Etat hébreu, cette invitation ne passe pas. En l'absence au pays de l'ambassadeur de Belgique en Israël, son suppléant a été convoqué par le ministère israélien des Affaires étrangères. Selon les médias israéliens, cette convocation a eu lieu jeudi.

Les Affaires étrangères ont confirmé la convocation à Belga et ont qualifié la réunion à Tel Aviv de "cordiale". »

Une fois de plus toute expression de solidarité à l’égard des Palestiniens est condamnée par le gouvernement Netanyahou qui va jusqu’à en faire un incident diplomatique. L’étape suivante sera l’interdiction d’intervention des ONG et l’expulsion de leurs membres.

P.V.

 

Populisme

Lors de l’émission dominicale « Ce n’est pas tous les jours dimanche » de RTL-TVI qui consiste en des débats sociétaux et politiques et qui se termine par une conversation entre une personnalité invitée et le journaliste Pascal Vrebos, l’invité du 9 février était le patron des patrons belges, l’administrateur délégué de la FEB (Fédération des Entreprises de Belgique), l’équivalent belge du MEDEF, Pieter Timmermans, connu pour être particulièrement peu ouvert à la concertation sociale. Le « script » d’une partie de la conversation est révélateur.

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Pieter Timmermans, le patron des patrons belge n'a pas hésité à traiter Pascal Vrebos de "populiste" !

Pascal Vrebos : Un patron qui gagne cinq millions par an, pour vous c’est un bon chiffre, ou c’est quand même un peu trop ?

Pieter Timmermans : Moi je ne m’exprime pas sur des chiffres, c’est très populiste. C’est très populiste…

Pascal Vrebos : Pourtant on en parle tout le temps.

Pieter Timmermans : Oui on en parle tout le temps, mais ça dépend de l’entreprise, dans quel domaine elle est située, qu’est-ce qu’elle fait, etc. Donc non.

[…]

Pascal Vrebos : Et 1.593 euros bruts, le salaire minimum. Franchement, vous pourriez vivre avec ça? Quelqu’un qui gagne ça, est-ce qu’il peut vivre avec ça ? Avec des enfants ?

Pieter Timmermans : Mais allez… ça ce sont des… Je ne réponds pas parce que ce sont des questions populistes de ces gens-là.

Pascal Vrebos : Mais est-ce qu’on peut vivre avec ça ?

Pieter Timmermans : Mais je ne sais pas. Est-ce que les gens savent vivre avec ça à l’étranger ? Apparemment oui. Donc c’est pas une question de…

Pascal Vrebos : Oui en Croatie c’est vrai que c’est encore moins.

Pieter Timmermans : Mais il faut nous comparer monsieur Vrebos… soyons un peu honnête. Vous êtes populiste.

Pascal Vrebos : Mais pas du tout ! C’est la question que les gens se posent, dans les courriers, lisez les forums. Qu’est-ce qu’on peut faire avec 1.500 euros aujourd’hui ?

Pieter Timmermans : Mais comparez-vous à d’autres. Est-ce qu’on veut que ces gens se trouvent dans le chômage, avec une allocation encore plus faible ? C’est ça la question qu’il faut poser ! C’est ça la question ! On oublie ici le côté marché de l’emploi. Est-ce qu’on veut expulser ces gens vers le chômage ? C’est ça la question. Non. Nous voulons créer de l’emploi pour les gens, qu’ils trouvent de l’emploi, et qu’ils peuvent évoluer.

C’est édifiant ! Face à l’attitude de ces pontes de l’économie ultralibérale de marché, on se rend compte que le dialogue est impossible. Même Pascal Vrebos, pourtant connu pour être un bon libéral, n’est pas épargné par la doxa de ces dirigeants.

Comme on le voit en France avec la bataille sur les retraites, un véritable débat et a fortiori une réelle négociation sont impossibles.

L’affrontement est donc inévitable !

P.V.

Affaire Griveaux : ne jouons pas les vertus outragées !

La lamentable chute du candidat LREM Benjamin Griveaux à la Mairie de Paris qui bénéficiait de l’appui du président Macron himself a soulevé l’indignation de la classe politique de l’extrême-gauche à l’extrême-droite en passant par toutes les nuances du centrisme dominant. On a porté atteinte à la vie privée du candidat. Il est interdit de diffuser des vidéos à caractère privé sur la toile.

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Benjamin Griveaux, ex-candidat à la mairie de Paris, est plutôt ennuyé !

Certes, le procédé n’est pas joli joli et l’atteinte à la vie privée est intolérable Cependant, n’oublions pas que la « macronie » ne se gêne pas de surveiller toute monde avec notamment la reconnaissance faciale qui nous parvient de la très démocratique Chine populaire de M. Xi Jin Ping. Autre chose, ce Griveaux qui est un politicien de seconde zone, ancien collaborateur de DSK et éphémère secrétaire d’Etat du second gouvernement Philippe et même porte-parole dudit gouvernement, a été désigné candidat maire de Paris par défaut, suite à la bagarre avec l’autre candidat, le mathématicien Cédric Villani. La macronie en marche, quoi ! Tout bénéfice pour la sortante, la socialiste Anne Hidalgo.

Quant à la vidéo, n’oublions pas que Griveaux s’est laissé filmer lors de son « exercice ». Dans quel but ? Il devrait savoir que lorsqu’on devient un homme public, il est dangereux de laisser des traces de ses pratiques sexuelles. Alors, jouer aux vertus outragées comme le fait la classe politique française est risible. Comment veut-il être pris au sérieux, alors que tout ce beau monde était au courant de cette vidéo !

En attendant, le parti LREM est aux abois et a désigné en désespoir de cause Agnès Buzyn, une hématologue, elle aussi ancienne ministre de la Solidarité et de la Santé du gouvernement Philippe et liée au lobby pharmaceutique… Le bilan de son ministère est catastrophique, ce qui n’augure rien de bon pour le parti présidentiel aux élections municipales qui se dérouleront dans un mois.

Cette affaire minable montre la grave dégradation de la classe et de la vie politiques. C’est là le vrai danger pour la démocratie. Nous assistons à l’effondrement d’un monde en pleine déliquescence, mais nul ne sait quel monde viendra à sa place.

Pierre Verhas

Source: http://uranopole.over-blog.com/2020/02/morceaux-d-humeur-du-16-fevrier-2020.html