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PATRICE LEPRINCE

Le besoin de solidarité exprimé par les Belges dans le sondage effectué par le CNCD touche notamment à l’accès pour tous à un vaccin contre le coronavirus. Reuters.
Solidarité et durabilité arrivent en tête des mesures souhaitées pour faire face à la pandémie et tourner la page du coronavirus. Des attentes partagées par les Wallons, les Bruxellois et les Flamands, découvre-t-on dans un sondage commandé par le CNCD 11.11.11.

Pas moins de mille Belges, francophones et Flamands, jeunes et moins jeunes ont été appelés à répondre au sondage réalisé par Ipsos à la demande du CNCD 11.11.11 en collaboration avec la RTBF et Le Soir. Un tour d’horizon mené dans le cadre de l’opération 11.11.11. Après la justice fiscale mise en avant l’an dernier, place cette année à une campagne sur un « monde d’après, juste et durable ». Un monde qui rêve bien sûr de tourner la page du coronavirus. « Le débat autour de cette pandémie nous donne l’occasion de sonder le Belge sur toutes ces solutions proposées bien souvent par des gouvernements, l’Union européenne, l’OCDE ou des organisations internationales », souligne Arnaud Zacharie, le secrétaire général du Centre national de coopération au développement CNCD-11.11.11.
Lutte contre le coronavirus, environnement, justice sociale ou encore politique économique, nationale ou européenne, autant de thèmes abordés pour une conclusion similaire : les sondés sont clairement en demande d’une planète plus solidaire et plus durable.

« Ce n’est pas surprenant dans le sens où nous faisons chaque année des sondages avec des résultats aussi élevés, mais on constate quand même un regain d’intérêt pour les questions de santé, de protection sociale ou de justice fiscale qui sont renforcées », entame Arnaud Zacharie. « Une majorité de la population est bien consciente que face à une pandémie par définition mondiale et une récession, elle aussi mondiale, la solidarité internationale est la clé si on veut endiguer ces problèmes sanitaires et économiques. »
Dans la lutte contre le coronavirus, le renforcement de la coopération internationale « afin de garantir l’accès de tous les pays au matériel médical et aux traitements contre le virus » emporte ainsi 66 % des suffrages, loin devant l’action unilatérale « afin de privilégier les intérêts nationaux » (24 %). Même topo quant à la meilleure méthode pour contrer les impacts sociaux engendrés par la crise sanitaire, 61 % des sondés misant sur le renforcement de la sécurité sociale plutôt que sur sa mise à la diète (9 %).

L’accessibilité au plus grand nombre fait aussi la majorité lorsqu’il s’agit d’aborder le volet thérapeutique, avec pas moins de 80 % de soutien à l’inscription d’un vaccin contre le coronavirus dans le domaine public, et ce, sans brevet, afin de le rendre accessible à tous les citoyens à prix abordable.
« Si l’on prend les questions centrées sur la lutte contre le coronavirus et les politiques de santé en général, on a quand même les deux tiers des Belges qui pensent que la priorité est de renforcer la coopération internationale alors que moins d’un quart pense qu’il faut privilégier les intérêts nationaux. Par rapport à cette tendance au repli sur soi que l’on constate depuis la crise de 2008, on voit là une majorité très large en faveur de la solidarité internationale », analyse Arnaud Zacharie. « Ce qui frappe aussi, c’est l’importance accordée à la protection sociale pour amortir les chocs. »

Davantage de justice fiscale

Relevée aussi l’absence de différences significatives en fonction des Régions. « Le Flamand pense la même chose que le Bruxellois et le Wallon. » Avec parfois des nuances intéressantes. Sur certaines mesures, le Flamand est encore plus majoritaire. C’est le cas en ce qui concerne l’instauration en Belgique d’un impôt exceptionnel sur les grands patrimoines dans le cadre de la crise corona. « On pourrait croire que cette mesure serait plus soutenue côté francophone, mais le score d’avis favorables est plus élevé en Flandre.

Quand on entend des discours de partis politiques disant Il n’y aura pas de nouvelles taxes comme si c’était le Graal de l’électeur. En réalité, le Belge demande qu’il y ait un transfert des charges sur les épaules les plus larges, que la taxation des revenus du travail soit baissée au profit de l’augmentation de celle sur les revenus du grand capital. »

Cette dernière recueille ainsi 73 % d’avis favorables, dont 69 % de oui sur le sujet en Wallonie, 73 % à Bruxelles et quasi 75 % en Flandre, les « sans avis » représentant 15,5 % des sondés.

Pour les énergies renouvelables

Passé au crible également, le volet économique n’est jamais très éloigné des préoccupations environnementales. Il faut investir plus, mais mieux. « La question environnementale est transversale à tous ces sujets. » Le coronavirus étant une zoonose, une maladie transmise des animaux vers l’humain, et « sachant que la déforestation entraîne la destruction d’habitats naturels et favorise la propagation d’éléments pathogènes, d’aucuns proposent aujourd’hui un modèle agro-écologique en vue de préserver les écosystèmes ». Qu’en pensent les sondés ? « On a 74 % d’avis favorables pour l’agro-écologie et seulement 4 % de non, les autres étant sans avis (22 %) sans doute car c’est un concept méconnu d’eux. » A la question de savoir si les gouvernements doivent investir davantage dans les énergies renouvelables, le oui flirte là avec les 80 %. « Avec là encore seulement 4 % de non. Même chose concernant le développement de l’économie circulaire et l’obligation, pour les entreprises, de recycler les ressources naturelles importées. 75 % de oui et 4 % de non, c’est donc toujours très franc. A la question de savoir s’il faut privilégier les circuits courts dans l’alimentation, on est à 82 % de oui. » 64 % de réponses positives aussi à la proposition de lier les aides d’Etat à la mise en œuvre d’un plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

En vue de financer le plan post-covid, 61 % des sondés sont favorables à l’instauration d’une taxe européenne sur le plastique mais aussi sur le kérosène et les billets d’avion. « Le Belge est prêt à promouvoir des taxes même s’il sait qu’en prenant l’avion, il risque de payer plus cher. »
A l’inverse, l’instauration d’une taxe européenne sur les services numériques ne séduit que 46 % des interrogés. Juste derrière la taxe carbone qui récolte 51,5 % d’avis favorables. « Avec seulement 15 % de non, c’est une large majorité car nous avons 33 % de sans-avis même si le oui est moins franc que pour la taxe sur les transactions financières (60 %) ou le grand patrimoine (79 %). »

Au niveau de la solidarité internationale, les avis sont plus contrastés. « Les Belges », poursuit Arnaud Zacharie, « sont favorables aux mesures de soutien aux pays en développement face à la crise, mais de manière plus légère. Il y a une majorité, mais elle est moins affirmée. Le fait de consacrer 0,7 % de nos richesses à l’aide au développement recueille 41 % de oui et 20 % de non, mais avec quand même 39 % de sans avis, ce qui pose la question de savoir si cet aspect un peu technique des 0,7 % est bien maîtrisé par tous. »
En ce qui concerne l’annulation de la dette pour les pays pauvres, une majorité de sondés y sont favorables. Un peu plus d’un quart est pour une annulation sans condition alors que 52 % y sont favorables en contrepartie d’investissements verts dans des énergies renouvelables et des activités durables. « On voit que les citoyens veulent être protégés par l’Etat et les politiques publiques face au risque sanitaire, du changement climatique et de la crise économique, mais que le oui est moins franc quand il faut aider les populations à l’autre bout du monde. »